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SpiderParents: la Réduction Embryonnaire

25 avr

Aujourd’hui on doit donner notre réponse. Hier encore, j’étais chez une copine pour l’enterrement de vie de jeune fille de Manue. J’ai eu du mal à snober le vin blanc habituellement grand ami des mes soirées entre nanas. Du côté de la clope, pour le cacher, ça devient acrobatique. Je n’en suis pas très fière et à la fois, je n’en ai pas vraiment honte. En tout cas, j’ai passé le week-end à jouer la relou fatiguée, celle-qui-veut-pas-danser et même pas prête à faire tourner les têtes pour sa copine qui va se marier. Pas sympa la meuf ! Mais bien sûr, j’avais une bonne raison à ça. Le lundi précédent, après plusieurs années « mais oui, j’ai confiance, ça va marcher », on est allé voir la gynéco-gy-ne-dit-rien (dixit médecin très pointu médicalement parlant mais très retardé côté relations humaines) et on a apprit que la FIV avait très bien fonctionné. On attend trois bébés !

Les réactions de Madame le Docteur s’enchaînent très vite :

« - Maintenant que vous êtes enceinte, vous allez être suivie par un autre médecin ;

- Je dois vous proposer une réduction embryonnaire*, prenez rendez-vous pour lundi prochain afin de me donner votre réponse. Il faut que je le sache rapidement pour prendre les rendez-vous nécessaires. »

Et vlan, dans ta gue…

On rentre dans notre petite voiture de l’époque et là, en quelques secondes, tout s’enchaîne.

Je suis enceinte. Pour de vrai. Les cœurs battent, je les ai entendu de mes propres oreilles. Ça a enfin marché. On attend des triplés. Vous vous rendez compte, des triplés !

Le médecin nous a annoncé une grossesse risquée. Pour une grossesse triple : les enfants sont prématurés dans 90% des cas. Ils sont grands prématurés dans presque 10% des cas (naissances avant 28 semaines). Et il y a l’après : une fois que les enfants naissent. La famille qui devient nombreuse en moins de neuf mois, les dépenses liées à la naissance d’enfants multiples, les aides possibles, l’entourage, le travail…

A cela s’ajoute, le fait de mener une grossesse triple. Malheureusement, dans environ 27% des cas, il y aura une perte de l’un ou de l’ensemble des embryons avant la 20ème semaine.

Je déteste les statistiques. Je déteste ne pas être maître de la situation et comme beaucoup, je déteste avoir peur.

Là, j’ai peur. Je suis inquiète. Je ne suis pas capable de vivre encore ça. Encore un réveil cauchemardesque avec les pleurs qui accompagnent ma voix tremblante pour dire à SpiderMari (parce que dans c’est moment c’est mon mari plus que SpiderPapa) que c’est fini. Trop de fausses couches, trop de galère. Cette fois ils sont là, ils restent. La vie doit être un peu juste !

L’après ne nous a jamais fait peur.

En tout cas, ça y est, la décision est prise et nous allons nous prononcer. Pas beaucoup de suspens. Je suis maman de triplés ! Tout le monde ici le sait ! Après une discussion assez rapide, on est vite tombé d’accord. A l’époque, on avait décidé de faire ce choix sans en informer nos proches. Les avis concernant la réduction embryonnaire sont tellement variés que nous préférions nous fier à notre avis de couple. Mais bien sûr, ce n’est que notre choix et chaque famille, chaque couple a sa façon de pratiquer.

Pour nous, le choix concernant la réduction embryonnaire c’est comme : la question de l’avortement, l’autorisation de la peine de mort, l’euthanasie, sa couleur favorite de jean. Bref, tout le monde à son avis sur la question et des arguments très valables à proposer.

Ah si, nous en avons parlé à une personne ! Nous sommes une famille pratiquante. Ça veut tout et rien dire. Disons que nous avons des pratiques quotidiennes incompréhensibles par beaucoup d’autres qui nous sont guidées par une « chose » qu’on appel la foi.

Du coup, nous nous sommes interrogés sur la réglementation juive concernant la réduction embryonnaire. Nous en avons donc parlé à un Dayan (traduction « juge des pratiques religieuses ») qui nous a dit la chose suivante : « dans le cas où la grossesse multiple peut attenter à la vie de la mère ou des autres embryons, une réduction embryonnaire peut-être envisagée. Il faut le faire préférablement avant la 5ème semaine de grossesse. »

Dans les faits : une grossesse triple ou plus peut être vitale pour la mère ou pour les autres embryons. Des maladies connues chez la mère peuvent aider à déceler les risques. Pour les enfants, le risque de prématurité est réel avec tout ce que cela engendre.

Il y a donc les faits…et il y a le cœur. Ce cœur si propre à chacun. Ce cœur qui vous pousse à épouser un homme à 21 ans du jour au lendemain. Ce cœur, qui vous fait vivre dans une région où on se retrouve seule ; ce cœur qui nous fait prendre ces traitements en continuant à y croire chaque mois. Mon cœur, j’apprends à vivre avec chaque jour. Chaque joie colmate mes peines sans pour autant s’offrir un vrai lifting. Avec SpiderMari, on a fait des choix dans notre vie. Des choix qui ne sont pas faciles, des choix qui engendrent de grands changements. Une fois de plus, avec la réduction embryonnaire, on a fait un choix. Depuis le début nous sommes sûrs de notre décision. Et c’est toujours le plus simple « d’être sûr » !

Dès fois, les choix sont complexes, mais surtout, ils appartiennent à chacun avec leur cœur, leur vie, leur pansement. Quelque soit la décision, il y aura des moments difficiles. Je ne le cache à personne, la vie avec des triplés c’est extraordinaire mais ce n’est pas un bonheur hallucinant de chaque instant. Je défi quiconque de me dire qu’il a adorait la phase « gastro, je coule de partout x 3 » ! Dans ces moment là, mon tempérament « scato-rigolo » est en berne.

Je crois, très humblement, que le meilleur choix est de se faire accompagner dans sa démarche et de savoir d’avance que les grands choix ont de grandes conséquences. Un peu bateau comme fin mais j’espère juste.

SpiderMaman et SpiderPapa: un amour face à toutes les décisions

*«La réduction embryonnaire consiste à supprimer un ou plusieurs embryons en cas de grossesses multiples. La réduction embryonnaire est légalement autorisée.» Information trouvée sur le site incontournable de l’Association Jumeaux et plus

La réduction embryonnaire est uniquement proposé aux grossesses de haut rang et très haut rang (3 embryons ou plus)

La réduction des grossesses gémellaires à des grossesses uniques ne se pratique que pour des raisons médicales qui rendent une grossesse gémellaire dangereuse pour la mère (maladie cardiaque par exemple) ou du fait du risque d’accouchement très prématuré (utérus mal formé, syndrome Distilbène …)

Le SPIDERPLAN des SPIDERPARENTS

Cette fois, je change les règles du jeu. Je vais vous donner un peu de lecture. Voici quelques textes sur lesquelles je me suis appuyée.

> Voir dans la rubrique en cliquant ici: DOCUMENTATION

> Association Jumeaux et Plus

> Concernant les religions et la Réduction Embryonnaire:

Le Catholicisme et la réduction embryonnaire

L’Église Orthodoxe et la réduction embryonnaire

Le Protestantisme et la réduction embryonnaire

L’Islam et la réduction embryonnaire

Le Judaïsme et la réduction embryonnaire

SpiderMaman: allez hop, au boulot!

14 avr

Le boulot et moi, c’est plus qu’une histoire d’amour. En 2006, avec SpiderPapa, on commence à penser Bébé. Ca fait deux ans qu’on est marié et mon ventre commence à crier famine. Bien sûr, pour beaucoup de femme, c’est une décision de vie. Pour nous, ce sera un parcours long, fatiguant, bercé d’espoir et de larmes. J’ai eu plus jeune, des problèmes de santé et nous savions dès le départ que la conception se ferait difficilement sous la couette. A la fois, il y a de nombreuses choses autres à faire sous la couette !

Premier rendez-vous chez le roi du frottis et verdict : OMPK (pour les novices : Ovaire Micro Poly Kystiques – en bref, pleins de petits kystes sur les ovaires qui empêchent une bonne ovulation). Nous sommes donc envoyés dans les méandres d’un centre spécialisé dans la barbare “Procréation Médicalement Assistée”,  pour débuter le programme gagnant : échographie plusieurs fois par semaine, piqures quotidiennes, déceptions régulières et réflexions connes « tu devrais éviter d’y penser, ça marchera mieux » !

Bien sûr, les médecins sont débordés. Bien sûr, les rendez-vous ne sont pas uniquement avant 9h ou après 18h et bien sûr, les salles d’attentes sont bondées. Les rendez-vous de contrôle ne durent que quelques minutes à chaque fois mais entre les allers-retours, l’attente dans le cabinet, les coups de téléphone au laboratoire…la facture d’heure commence à grimper.

Côté boulot, j’ai pris le parti d’en parler à mon employeur. Bosseuse invétérée, désinscrite depuis longtemps du forfait « 35 heures », j’ai privilégié l’honnêteté. Pas simplement par soucis de l’autre, surtout pour m’assurer une liberté d’esprit. Déjà prendre des traitements pour faire des bébés ce n’est pas marrant mais si en plus, il faut avoir sa montre en permanence, c’est de la torture !

Le lendemain de l’annonce, mon Président me convoque pour un rendez-vous.

« Claire, vous comprenez, je ne peux pas prendre le risque que vous tombiez enceinte maintenant ! » Et voilà un cas d’école pour la HALDE !

Rupture de CDI, indemnisation de départ, bref, je suis virée ! Génial, ma vie est un vrai bonheur : pas de bébé et plus de travail. Heureusement que j’ai SpiderPapa !

Je trouve alors un petit boulot à mi-temps chez des timbrés qui passent leur vie à crier sur leurs employés. Vu que je n’y suis qu’à mi-temps et que je n’ai pas ma langue dans ma poche, pas de soucis, c’en ai même presque comique. En plus, la souplesse d’horaire me permet de continuer les traitements pour la fertilité l’esprit serein.

Comme toute jeune diplômée avertie, je regarde régulièrement les offres d’emploi et là, je tombe sur une annonce intéressante. Ni une, ni deux, j’envoi mon CV. Premier rendez-vous au siège de la société…à 1h20 en voiture !

Ma hantise de la voiture prend le dessus et SpiderPapa, en mari aimant et dévoué décide de m’accompagner. L’entretien se déroule à merveille. On rentre donc tous les deux en roulant à travers des bois, des forêts, un col embrumé, une autoroute, un tunnel embouteillé. Arrivé à la maison, ma décision est claire : « je n’irais jamais travailler là-bas, beaucoup trop loin ! »

Nous voilà en juin 2009, et…je bosse là bas, au-delà des collines, des bois et des forêts ! Toujours pas de bébé mais un travail passionnant, des dirigeants respectueux, une Directrice extraordinaire. Je travail alors 3 jours sur place (quand même 3 heures de train par jour – quand Dame Gréviste ne fait pas des siennes) et deux jours de chez moi. Mon emploi me permet de travailler à distance. Je continu les traitements et un beau matin, après une 2ème FIV, la gynécologue nous annonce : « il y a trois poches ». Comprenez : « des triplés ».

Flippée pour la grossesse –jamais pour le nombre de bébé – à juste titre suite à plusieurs fausses couches, je préfère dès le départ éviter les trajets. J’en parle donc en avant-première à ma chef, ravie et émue pour moi. Très rapidement, je pose l’un des congés maternités les plus longs de France : 46 semaines.

Sur place je pense que personne ne m’imaginait revenir… fréquemment. Trois enfants d’un coup et 3 heures de train par jour c’est comme qui dirait…pas facile. Et pourtant, en septembre 2010, me revoilà, SpiderMaman en action ! Rendez-vous préalable au retour à l’emploi.

Nous convenons avec mon charmant employeur d’un accord. Je travaillerai en indépendante (sur le même poste) 3 jours par semaine dont un jour au siège. Parfait ! En tant que maman de triplés, j’avais également le choix d’imposer un mi-temps, un 4/5 ou même un congé parental à temps plein pendant 6 ans. (trois ans imposés par la loi à l’employeur et 3 ans avec accord de l’employeur). Cette solution est bonne pour tout le monde !

Les petits sont gardés 2 jours par semaine en crèche municipale. (L’un de ces deux jours me permet d’aller sur place) SpiderPapa s’occupe d’eux le jour où ils sont là et où je travaille de la maison. Le reste du temps, nous profitons seuls ou ensemble de nos trois merveilles. En septembre prochain, nous allons demander 4 jours /semaine de garde à la crèche. Ils seront plus grands et je m’en sens plus capable.

Depuis mon retour, mon amour pour mon entreprise ne cesse de grandir. Soucieuse de mes impératifs, flexible, arrangeante…chaque jour je prends conscience de ma chance de travailler dans une société si respectueuse de la personne. Ma réintégration a été idéale, mes responsabilités n’ont pas été revues à la baisse. Pourvu que ça dur !

A l’heure actuelle, je vous écris d’un café, il est 6h40, mon train ne viendra pas alors je profite de ce moment de grâce pour écrire. Évidemment, la reprise du travail ajoute de la fatigue, de l’organisation, du stress. Mais aussi, de la fierté, de l’estime de soi et surtout, une bouffé d’air. (et aussi, un salaire, ce qui n’est pas négligeable pour une famille nombreuse) Quel plaisir d’intervenir en réunion, de papoter à la machine à café, de monter des projets et de … parler une langue d’adulte.

A toutes les SpiderMamans et SpiderPapas qui souhaiteraient reprendre le chemin du travail, cartable sur le dos : c’est possible, pas facile, mais possible.

Au café, en attendant le train! (prise par un mauvais photographe)

Le SPIDERPLAN des SPIDERPARENT

- Pour des triplés, le congé maternité est de 46 semaines (24 avant la naissance et 22 après)

- En tant que SpiderMaman de triplés, nous avons le droit à un congé parental de 6 ans. 3 ans que l’employeur est obligé d’accorder et 3 ans où il a un mot sur la décision. L’employeur doit être informé de la reconduction tous les ans. (Envoi d’une lettre avec AR un mois avant l’échéance)

- dès le début de la grossesse, contactez la PMI (Protection Maternelle et Infantile) de votre quartier. En général, cette institution a des contacts avec les crèches et peut vous rendre prioritaire. (en plus de tout le reste : pesé à domicile, soutient, assistante sociale…) N’hésitez pas non plus à aller voir un adjoint au maire pour soutenir votre cause. (et pleurer un peu.)

- Pensez rapidement (avant la naissance des petits) à un mode de garde si vous souhaitez reprendre le travail. Des nounous pour des jumeaux et triplés, ce n’est pas évident à trouver. Mieux vaut prendre de l’avance.

- Calculer le coup de garde (en fonction de votre quotient familiale établi par la CAF. Attention, la CAF prend en compte l’avis d’imposition de 2 ans avant la date où les petits seront gardés !)

- Parlez de votre retour à votre employeur le plus tôt possible (légalement 1 mois avant la fin du congé maternité si l’on souhaite un congé parental d’éducation ou un aménagement du temps de travail) afin de trouver les meilleures solutions.

- Travaillez pour des personnes respectueuses. Dans l’idéal !

- Pensez à la reprise du travail ou l’aménagement du temps de travail en couple (ex. deux 4/5), cela ouvre les possibilités.

- N’hésitez pas à saisir la HALDE en cas d’employeur peu scrupuleux.

- Pourquoi pas une activité d’indépendant? Âmes créatives, le nouveau statut d’auto-entrepreneur permet de créer et de gérer une activité indépendante très facilement. (et avec peu de charges!)

- N’ayez pas peur. Chaque décision qui est la vôtre est la bonne. Avoir des enfants ne veut pas dire oublier sa vie professionnelle. Simplement l’aménager. Et tant pis pour ceux qui diront le contraire. Des parents épanouis font des enfants épanouis. Comme on en a beaucoup (d’enfants) on se doit d’être très épanouis !
Quelques liens utiles:

. liste des PMI (Protection Maternelle et Infantile) par département

. La HALDE: Haute Autorité de Lutte contre les Discrimations et pour l’Egalité

. Auto-entrepreneur: les démarches

. CAF: toutes les infos officielles pour “quand vous attendez un/des enfants”

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